Archives de Catégorie: Petre Stoica

Toujours Petre Stoica …

Vers le romarin de l’histoire
 
Et encore nous sommes au pays
casanier je t’apporte du bois de l’eau potirons
le chien souhaite partager son rêve avec nous
mais s’assoupit près du feu de grotte bénie
j’allume et pour l’instant tu es la fée de l’icône
et puisqu’il fait automne cela sent le pétrole ménager
et les pommes sur l’écrin ont un goût d’éternel
très tard nous lisons dans des vieux calendriers
tout est jaune sinon brun et infiniment oublié
nous-mêmes sommes des lettres en bières des païens
mais n’aie pas peur – bientôt hennissent les chevaux
attelés au traîneau dans la photo d’en haut
ils nous porteront par le champ tout blanc
vers le romarin de l’histoire
 
 
Nous flottons sur l’abîme mauve
 
Oh quel silence sur la rue de l’oiseleur jaune
et remplie des chansons du pinson est la gueule du chat
voyons donc ce que vous en ferez du carbone voyons
si vous ne deviendrez pas des duplicata des fois
vous les cultivateurs d’aneth vous les philosophes
la rue de l’oiseleur disparaît dans la brume marine
survivants du désastre deux par deux nous
flottons sur l’abîme mauve patiemment cherchant
le navire de la vérité Jésus Christ comment se fait-il
que je n’ai pas su
 
 
Astrophiloscoporos
 
Ouvrez le livre à la page quatre vingt neuf il est
question de culture des géraniums et comment préparer
la venaison plus bas trouverez la définition bien précise
de la vraie littérature à la page cent et cinq
recevez des sentences des astuces pour la gym en journée
ou comment inviter votre timide mariée au lit au bas de
la page sont les babouches et un astérisque qui traduit
le mot astrophiloscoporos et avant le coucher
lisez aussi la page finale là on y explique
la direction à prendre après le trépas
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
 
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-u3
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La grand-mère de Petre Stoica

dans l’horloge il se fait très tard
 
Grand-mère est allée autrefois en Californie là-bas
les gens élèvent autres sortes de lapins qu’il est chouette
chez nous dans les Balkans grand-mère est revenue depuis longtemps
mélancolique regarde maintenant par la fenêtre
les dahlias sont des têtes de caniche de la courette
flotte un parfum de choux grand-mère était une femme
presque grande elle brillait comme les cuivres de la fanfare
du pavillon dans l’horloge il se fait très tard
et un bateau à vapeur sombre lentement
dans l’aquaforte d’en haut
*
 
grand-mère s’assoit dans le fauteuil
 
Je lance avec ma fronde sur les murs et tombent tel des feuilles
les vieux portraits oh qu’il est beau ce matelot
qui s’arrêta à Damas, flotte la poussière noire des années
mais grand-mère s’assoit dans le fauteuil n’en a cure
elle s’est accommodée des poèmes sans rime et le neuf
style de vie des piétons hâtifs grand-mère avait entendu
au mois de décembre même l’histoire de la bombe atomique
elle s’en fout que tout dans le monde subit des révisions
chaque fois quand on allume notre sainte télé
grand-mère s’assoit dans le fauteuil et regarde tranquille
le débarquement des éléphants l’année dernière
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
lisez les originaux en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-gi

 

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Ars Poetica – Petre Stoica

Jette ton fusil dans l’herbe
qu’on ne te prenne pas pour un pacifiste
et délivre les lièvres en copinant avec les équarisseurs
descends sur les berges et coupe des brins d’osier
tricotes-en les mots du poème radical
pour un cœur à pompes de pierre
fatigué assieds-toi au repas de l’abondance
mange des miettes bois de l’eau gazeuse
rassasié et ivre viens de nuit à la fenêtre de ta bien aimée
et chante-lui la ballade de la tendre ère atomique
lève-toi à midi et cesse de te tondre
les corneilles chassées ont aussi besoin d’un nid
sois généreux jusqu’à la fin donne à tous
des mesures et des règles du jeu
et après une longue initiation en tisane de millepertuis
rapièce ton blouson rongé par les mites
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traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-e6

 

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Quelque part en dérive – Petre Stoica

Madame d’où venez vous hier encore
moi aussi j’étais en dérive vous avez des jambes
si belles ce sont les colonnes de l’enfer attachez-moi
à elles traînez-moi dans le feu vous êtes la sœur du lait le goudron
et vous avez un portrait généreux ne seriez-vous pas Ophélie
non cette pâle jouvencelle a été mangée par les écrevisses
vous avez du poivre sous la peau des seins aussi
et dix ongles-commandements attachez-moi aux jambes
les vôtres traînez-moi dans les allées de l’enfer sinon
je vous déchire le portrait j’ai dit
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :
 
http://wp.me/p1wz5y-bX

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Autour d’un guéridon délabré – Petre Stoica

Si tu restes aussi frêle que t’étais pendant la lune de miel
j’ouvre la revue grise déposée dans la brocante du bahut
et je t’achète le corset proposé avec des naïves incitations
dans la réclame publiée il y à presque neuf décennies déjà
ton corps entier connaîtra une fête sans fin
et toutes les femmes modernes de notre ville si gentille
seront avec envie au courant de mon cadeau acheté
dans la maison de mode des mites petites d’argent
puis nous partons sur une île déserte et juste au milieu
nous nous laissons filmés autour d’un guéridon délabré
toi en guise de Diane et moi aux moustaches reprises
au plus beau des mes trisaïeuls.
 
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traduit du roumain par Cindrel Lupe.
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lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-5a

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Un pauvre aiguilleur sur des voies secondaires – Petre Stoica

Après ma mort enlevez la pierre tombale
vous trouverez des messages écrits à l’encre furtive
vous direz quand même il fût un poète un clerc il fût
un poivrot primé à l’académie des oiseaux mais
il portait une couronne de paille haïssait la délicatesse des sceaux
et rôdait parmi nous à califourchon sur le diable pourquoi pourquoi
Dans les jours arides dirigeait-il un tricicle à vapeur
en hâte bénissant encensa-t-il les ânes et la larme
nous étions chefs de gare lui un pauvre aiguilleur sur des voies secondaires
enfin il est parti et après les pluies printanières
de son crâne sortira une sorte de sauterelle
mais elle mangera le chou-fleur d’autrui donc
acceptons-le
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traduit de roumain par Cindrel Lupe
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lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-27

 

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En prochaine saison – Petre Stoica

Allez je tire le rideau mon spectacle a pris fin
suis pas clown vous en avez eu assez pour votre argent
je vous ai montré  le poisson japonais du bocal
méditant au sort des avions supersoniques
entre deux vers je fis même des sauts périlleux
mais personne les a vus des fois j’apportai sur la scène
la chèvre, le phonographe, la grenouille candide et ce coeur le mien
svp dirigez-vous vers vos propres demeures
dans le monde y’a forte réjouissance et il pleut il pleut toujours
ma maison n’est qu’une tour faite de papier mince partez en
prochaine saison je vous montrerai quelques preuves
des cornes du diable à vous tous mon salut

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traduit du roumain par Cindrel Lupe

lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-2i

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