Archives de Catégorie: Radu Gyr

Question – Radu Gyr

pour un Vendredi de Pâques orthodoxes ...
 
 
La nuit – abîme – et les heures profondes …
Vers l’étagère aux livres j’erre, peinant,
et je demande à chaque tome, en chuchotant
– C’est toi ? Le livre fuit, se cache au fond du monde.
 
Tout en pleurant, je questionne son portrait :
– C’est toi ? Même mon aimée ne me répond.
J’abreuve ma coupe d’un vin que je veux sans fond,
Je dis : -C’est toi ? La coupe part en fumée.
 
Je parle à mon épée : – C’est toi ? Même elle se tait.
Et, comme dans mon fauteuil, je tombe transi,
du mur, une ombre blanche apparaît …
 
Je lui fais face, les mots de sang durcis
dans les yeux de Jésus – seulement la paix.
– C’est Toi ? je quête …et l’ombre me dit : – Je suis.
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-r6
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Cantique de Noël – Radu Gyr

Noël est venu ici aussi
En notre exil nous réjouit.
Tombe la neige sereine
Dessus la vie mienne.
L’âme est ensevelie.
Tombe la neige sereine
Dessus la vie mienne.
Qui s’éteint ici.
 
Bleues étoiles grelottent
Sur mes larmes chaudes.
Dieu qui est en hauteurs
A mis dans nos cœurs
Que des larmes pesantes.
Dieu qui est en hauteurs
A mis dans nos cœurs
Etoiles clignotantes …
 
Seulement ma morose demeure
Sous le frimas devient pierre.
Dans une obscure voile,
Pour nous pas d’étoile,
Ou ciel mirifique.
Pour les ratatinés
Les anges pressés
Ne portent pas cantiques.
 
Oh Jésus empereur,
Absous péchés, erreurs.
Viens fermer doucement
Les plaies saignant,
Ouvre rêves enfermés.
Nous t’attendrons là,
Car dessus Ta croix
Sommes ici cloutés.
 
Mère de Dieu si Belle
Porte une bonne nouvelle,
Que au seuil fleurisse
Ton sourire complice
Comme le soleil bon.
Ton sourire d’accueil
L’attendons au seuil
Nous, dans la prison.
 
Sur les bonheurs du passé,
Tends, Jésus, ta pitié.
Tous ceux des prisons
Dès l’aube t’attendront,
Leur poitrine soupire.
Tous ceux des prisons
Dès l’aube t’attendront,
Leur porter lumière.
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-oM

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Cantique Céleste – Radu Gyr

 
Le ciel ouvra son synode
– Lerui, Seigneur, Ler – */
sont parti chanter des odes
les anges dans l’éther.
 
Avec des charrues en glace
et de joaillier,
toutes les étoiles chantent grâce
– Lerui, Seigneur, Ler –
 
Le vent souffle de la lumière
– Lerui, Seigneur, Ler –
dans une bulle en lune entière
que le gel va bercer.
 
Pour des chérubins à cape
blanche de berger
bredouillent des cantiques en grappes,
– Lerui, Seigneur, Ler –
 
Ne jettent pas au seuil du blé ,
du ciel arrachèrent
grandes étoiles,  les partager,
– Lerui, Seigneur, Ler –
 
Et en mois de récoltes riches
– Lerui, Seigneur, Ler –
sera le champ d’étoiles en friche
sous le ciel à se vautrer …
 
Seulement toi t’attends stoique
– Lerui, Seigneur, Ler –
des âmes sans aucun cantique
et sans primevère.
 
Aucun chanson blanche ne vient
flottante dans l’éther
apporter l’étoile tienne
– Lerui, Seigneur, Ler –
 
*/refrain ancien spécifique aux cantiques roumains
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-om

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Jésus dans la geôle – Radu Gyr

Cette nuit Jésus entra dans ma geôle
Oh, qu’il semblait triste et grand, le Christ
La lune Le suivait dans la geôle
Le rendant plus grand et plus triste.
 
Ses mains semblaient des lys sur les tombeaux
les yeux si profonds comme des taillis.
La lune Lui tissait l’argent sur le manteau
d’argent lui couvrant les bras meurtris.
 
Surpris j’ai jailli de ma grise couche :
– D’où viens Tu, de quel temps, Seigneur?
Jésus posa tranquille le doigt sur sa bouche
et me fit un signe rédempteur.
 
Près de moi sur la natte Il s’est assis :
– Mets ta main sur ces plaies miennes !
Les chevilles marquées de traces rougies
comme s’il avait jadis porté des chaînes.
 
Soupirant il étendit ses os meurtris
sur ma natte pleine de cafards
La lune luisait, mais les épaisses grilles
allongeaient sur Sa neige traits blafards.
 
Semblait la geôle une montagne, semblait une Golgotha
et fourmillaient les poux et les souris
J’ai senti comme ma tête sur mon bras tomba
durant un millénaire je dormis …
 
Sortant du sommeil comme d’une profonde lagune,
des pailles un parfum de roses embaumait.
J’étais en geôle et il faisait lune,
seulement Jésus nulle part n’était …
 
J’ai tendu mes bras, personne, silence.
J’ai demandé au mur qui n’a pas bronché !
Seules les raies glacées, pointées comme des lances
de leurs piques m’ont transpercé …
 
– Seigneur, où es-tu ? j’hurlai vers les barreaux.
De la lune sortait une fumée d’amadou
J’ai tâté mes mains … alors, sur leur dos,
j’ai retrouvé les marques de Ses clous.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-89
 

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