Archives de Catégorie: Traian T. Coşovei

Dernières nouvelles – Traian T. Coşovei

Encore une tasse de the et je renverserai la bibliothèque
Encore une fumée de clope et je déchirerai
le papier peint aux chats.
Je me souviendrai du jour quand ils ont brulé les corps des baleines échouées,
quand mademoiselle Ivonne alluma le vieux bougeoir du salon.
Couché sur le dos, je songerai que je coupe tes tifs
avec un canif en forme de poisson

Encore une tasse de the et
ils vont frapper par mégarde à ma porte. En protection
je mettrai en miettes l’herbier de la maternelle. En protection
je prendrai le somnifère allemand au nom de liane.
Encore une fumée de clope et
je me souviendrai d’une vieille adresse, je parlerai des
heures durant de la thérapie aux sangsues.

A la fin de ce poème
Je me regarderai longtemps dans le miroir d’ascenseur.
Appuyé sur son métal trouble, les doigts enfoncés dans tous les étages
je souhaiterai oublier instamment
tout ceci.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain=

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/12/06/ultimele-stiri-traian-t-cosovei

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La terre derrière la maison – Traian T. Coşovei

à mon père
La terre derrière la maison vous la donnerez
à votre frère aîné – dit le père quand
le lointain tomba sur ceux qui le regardaient sans
comprendre.
(Le temps qu’ils comprennent quelque chose, les animaux de la ferme
broutaient sans mot dire une herbe resplendissante
qui avait poussé au-dessus des paroles du père).
Cette terre fut conquise avec votre sang,
dit le général s’écroulant du cheval devant ses soldats qui
le regardaient sans comprendre.
Et le temps qu’ils comprennent
(un, deux, trois, quatre …), le temps qu’ils comprennent quelque chose,
vingt-deux coups de canon en l’honneur du général
leur tombèrent dessus comme des pastèques dégringolant du cellier,
l’automne, dans le noir.
Un certain temps ne demeura que le cheval,
qui des années plus tard gagnait le grand prix
en courant sur un hippodrome réputé.
Et le général avait partagé depuis longtemps déjà la terre
derrière
la maison à ceux qui regardaient toujours son monument
sans comprendre, sans comprendre.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
 
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-dv

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