Archives de Catégorie: Valeriu Pricină

Angle – Valeriu Pricină

Lent… Lentement, vers une pointe d’angle –
en gué serré creusé par une eau forte,
espace trempé de rouges pommes mortes,
air solide, provocateur, qui sangle…
 
Tard… Tardivement s’emmêlent les principes  –
éclatent sous semelles grenades aux gonds,
gros néoplasmes aux âmes de dragons,
fourmis de fer sur mes hanches s’agrippent…
 
Bientôt… Bientôt, la glaise en pépins transmute –
en haut les ombres ont perdu leur souche
et l’aurore au couchant se touche
sur des montagnes limées, restées comme des buttes…
 
Alors… Alors, par point à peine souvenu
comme lourds tétons je m’offrirai les yeux
en parvenant sentir sucer d’en eux
le rejeton d’un pauvre aveugle inconnu.
*
traduit du roumain par Tudor Mirică.
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-bN

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Note pour l’éternité de la pluie – Valeriu Pricină

Coupez le moteur et écoutez l’ondée.
Dans le train tirez la poignée de secours –
je payerai l’amende si le ciel coupe court
sous la couveuse de la mort les oeufs a rosée.
 
Torrentiellement de vie elle nous inonde,
une abondance trempée, de vive force,
celle-ci, amis, celle-ci n’est que l’amorce
dont la solive de ce monde nous répond.
 
Soyons plus dignes de cette marée qui dure,
que nous retrouvent les foudres sur le pré,
il y a là-haut un muet, un zèbe, un ange niais
embauché pour nettoyer les crèches de lavure.
 
Il pleut dans le désert. À la géhenne aussi –
sont dévêtus martyres de leurs habits vergés,
au paradis, de tant de pluie déjà, c’est saccager,
les plumes d’or décollent et tombent des lacis.
 
Il pleut comme dans les vieux récits de la Création,
sur toutes les auges de la vie d’un grain épais
qu’en haut soient plus intacts les murs et bien lavés
après la deuxième décollation.
 
Il pleut en profondeur et le stupide n’observe
que au dedans il pleut obstinément,
une lettre dans un verbe l’on voit déjà qui crève
et sa levée ressemble à une dent …
 
Une fois par siècle les pluies de sagesse s’élèvent !
*
Traduit du roumain par Tudor Miricã.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-9N

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Seul le bruit des chutes de neige – Valeriu Pricină

Ont explosé les nues comme une bombe
et nous dormions – n’avons rien senti –
comme nous surprennent jachères qui épient
la noire cité s’est mise encore une plombe.
 
Des propres clous les freins du froid s’arrachent,
un lourd harnachement les toits avale,
étranges cochers, énormes, aux tempes pâles,
en vieilles mansardes les tempes rasées ils cachent…
 
On dirait que seules le cloches sont à l’attente –
ne voulant pas donner le signe de partance
aux édifices tués par leur patience
en grelottant par grandes fenêtres béantes.
 
J’ai vu en plaine la file à peine surgie
et derrière elle le gros sillage en goudron,
des fronts percés qui en fumant rendront
des rats une désolante liturgie.
 
Médicament – la neige molle tombée
aux caves, sur un terré abcès –
le mûrissant du gond lui jaillissait
de l’infernale peur de la pureté.
 
De plus en plus épaisse par des rues sans volume
c’est la couche de désert qui tout blanchit,
une veillée de lune au loin du ciel frémit
remplir de balles petits pistolets de brume.
 
À l’ancien cirque, à la chaîne, comme l’on doit,
une balançoire qui en aller-retour elle grince
en brandillant, dans sa coquille mince,
le triste rejeton du Christ bourgeois…
*
… Et parmi tant de bruits aigus de paix
le bruit des chutes de neige toujours nous plaît !
*
traduit du roumain par Tudor Miricã.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-9y

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