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A travers l’Europe visitée par Vasile Petre Fati

 
Le soleil est haut
 
Je ne veux plus que le soleil crépuscule, jamais
Et si maman meurt je ne veux plus qu’elle crépuscule, jamais.
Cézigue là-haut, le soleil, plein de microbes.
Qu’il reste putain avec moi à table, entre hommes
Je suis le locataire qui a bien travaillé pour ce soleil-là,
J’ai partagé avec lui mon argent de poche
Pour qu’il se lève.
Ainsi, à Paris le soleil est mien,
J’en fais ce que je veux avec ce soleil bon à tout faire,
J’y dors dessus, je me vautre dessus, je me lève
Et lui dis d’aller chez soi,
Moi je ne peux plus.
 
La Clef
 
La clef de la maison fut comme une mère pour nous.
Nous étions seuls dans la maison.
Puis elle s’asseyait sur une chaise en cuisine
Et nous parlait de boyards
et de cette ville, Petersburg,
Où les chevaux meurent par la dixseptaine.
Elle allumait le feu, coltinait l’eau, apportait du pain,
Tel une bonne mère aux gros pieds, d’argile ,
Puis elle nous faisait chanter tout bas,
Pour la mère Russie, celle avec un fichu rouge sur la tête.
Mère Russie est morte ça fait un bail
Mais nous chantons encore tout bas maintenant,
Comme le font tous les enfants dans leur maison
Pour la clef de leur chez eux,
Remerciant le Seigneur,
Remerciant le ciel.
On chantait pour la clef accrochée au mur,
Pour notre maison
Qui tanguait lentement, lentement,
Une fois avec Dieu d’en haut,
Une fois avec Dieu d’en bas.
 
L’Homme de Prague
 
Oh, Dieu, aide moi de m’en défaire de cette blatte dans la cuisine,
Puis pouvoir m’en acheter un objet d’art.
Et si Dieu existe qu’il prie pour que je me lave le matin la face et les mains
Pour que je le voie chaque jour comme un homme bon.
Ses ongles ne m’intéressent pas. J’ai besoin de la bonne volonté de Franz Kafka.
Cet homme de Prague a mangé du pain et a bu de l’eau.
Pour vivre. Pour que ce poème finisse enfin.
 
Gerda
 
Elle porte un béret jaune, comme pour un adieu,
Quelque chose pourrait bien lui arriver un jour
Par crainte excessive des soldats romains.
Il fait froid, je suis assis à la fenêtre, janvier peut arriver,
Elle a les cheveux noirs comme l’intrigue,
Peut monter maintenant les marches,
Que puis-je lui donner, lui dire ?
Peut allumer les lampes, des allumettes …
C’est bien, toutes ces choses existent,
Sinon je serai bientôt tel que tu es.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-sO

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