Archives mensuelles : juillet 2015

Printemps – George Topârceanu

Après tant de froid et brume
Le soleil revient au ciel,
Nous épargne le nez du rhume
Et les pieds des coups de gel !

Au narcisses, au lys, au lotus,
Le beau temps approche,
Car maintenant, par son astuce,
N’est qu’une ébauche.

Sur une pierre des environs,
Peu après les Giboulées,
Est sorti un moucheron
Pour sécher ses pieds.

Quand les oiseaux migrateurs
Rentrent des tropiques,
Les insectes déposent à l’heur
Œufs microscopiques.

Tout le monde de la basse-cour
Chante sans une pause,
Et deux coqs s’insultent pour
Une quelconque cause.

Un dindon reste à l’écart,
Triste et étrange.
Sa rouge fraise lui gît d’une part
Flasque comme une frange.

Seul le vieux mâtin n’a même
Plus les os de quoi ronger,
Car depuis l’autre Carême,
Tout lui marche de travers.

Pour c’qu’il a souffert, surtout,
N’a à qui se déballer.
Sous son nez même, le matou
Est venu miauler.

Mais cette fois enfin l’a pris
Et le secoua, ce con…
Sur tout ce charivari
Passe en vol un papillon.

Dans la rue, désinhibées,
Des filles passent sans arrêt…
J’ai l’envie d’abandonner
Tous mes intérêts !

*

Traduit du roumain par Tudor Mirică

*

Lisez l’original en roumain =

http://wp.me/p1wz5y-xb

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