Archives de Catégorie: George Lesnea

Je ne sais pas – George Lesnea

 
Je ne sais pas pour qui je puise
Plein de mots enflammés sur la neige du papier.
Il faut quelque chose de profond et fort que je dise
Avant de rentrer dans la crypte de l’éternité.
Il faut mouiller ma plume dans mon cœur jusqu’au fond,
Ecrire sur l’automne qui vit dans mes pensées,
Saisir une étoile par sa corde de rayons
Et aux huisseries l’accrocher.
Il faut chanter les hommes et chanter l’univers,
Tant que j’ai le temps …
Ramasser mon âme gisante sur la terre,
Dans des poèmes la voir renaissant.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-ne
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Destin – George Lesnea

En tailles habiles ont engendré jadis les maîtres,
Par profondeurs des bois et des cavernes, mon être
Dont j’ai porté le corps et ses années fuyantes
Du creux du temps, les amenant jusqu’à présent.
 
Dans mon âme durcie les siècles je porte hautain,
Le ciel stérile et la féconde glaise dans un levain,
Tempêtes alpestres, aux preux sapins sur crêtes,
Et trilles de merles, et son des cloches pour prière,
Et nostalgies ensevelies dans des chansons amères,
Et sur des vieilles ornières foulées des bêtes.
 
Je porte des chants et litanies, amours d’hier
Dans des cellules basses et sur les vieux psautiers,
Aux jeunesses perdues en moine sous une toque
En récourbant devant les saints mon froc.
 
Je porte l’eau de la mort, en son tourment m’appelle
Mes pas vers la lumière dans les ténèbres elle scelle,
Quand le soleil clignote aux mares à roseaux
Et une volée de piafs chasse le silence d’en haut,
Quand les chemins ondoient vers leur vague horizon,
Traînées en poussière par les serpents du loin.
Je me porte moi-même et mon instant je change
Soit en couronne d’épines, soit pour un nimbe d’ange.
J’aime le désir qu’en moi se cache oisif et fourbe,
Le cherche parmi étoiles, le trouve scellé en bourbe.
Des espérances je tresse pour des futures contrées
Comme des serpents qui dansent par flûte ensorcelés.
 
L’envol comme le traînage les trouve agréables.
Je goûte la chair pétrie par l’ange et par le diable.
Dans mes propres passions charmé je suis et pris,
Comme l’araignée vorace dans son filet exquis.
 
Tout en laissant le temps en son sablier se foutre,
Dans mon destin en brouille me cherche et me sens
Tel dans son monde de l’eau et de l’azur une loutre.
Et je poursuis aveugle l’appel d’un rêve immense.
De ce silence grumeleux, des mottes de minuit
Je me suis lentement forgé mon essor calme.
Par les carreaux du temps à grande peine je le suis
En mains, comme une cierge, j’essaie tenir mon alme.
Je suis hymne de naissance et pleur d’enterrement.
Je suis la sève de l’éternel, qui monte le chemin,
Des feuilles qu’attendent là-haut en vain et doux tourment,
Et je veux par ma souffrance de me prouver humain.
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică.
*
Lisez l’original en roumain :

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Sur la montagne – George Lesnea

Une lampée de vêpres dispersées dans l’eau.
Est-ce que les troncs brûlent constamment des cierges,
Que tellement de cire goutte de l’écorce ?
Rares éperviers l’âme aux aubes nous cherchent
Eloignant des fronts les épreuves de force.
 
Hier se fracassait la baie d’un arc-en-ciel
Recouvrant d’éclats l’herbe de la clairière.
Les moutons descendent de chez l’Eternel,
Le pelage d’agneaux est poudre de lumière.
Le berger remplit son flûteau de chant,
Pour le dire au feu, la nuit près l’étable
Des cimes un nuage esseulé, courant
Vient lui rapporter sa bure minable.
 
Clopinant en bas sur un bout de champs,
En cache, le sentier suit après les chiens.
Fait des pointes le vent aux habits seyants,
Frôlant les feuillages doux avec les crins.
Est-tu en demain, soit est-tu en tard,
Comme dans le sommeil d’un lointain visible.
Soit ici, soit là et pourtant nulle part,
Dans l’écho la cloche applaudit paisible.
 
La bergerie se cache en chansons passées,
Le lait et la brousse les ballades épaulent.
Eraflant les vêpres en feuillage poussées,
Tel un vieil instant, quelque feuille s’écroule.
Du lit de souffrance, le flétri avenir
Se remet debout, les soucis balaie
Et devant la meute des jours à venir,
Marche en ondoyant sa bure de soleil.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-e1

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