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Trois poèmes – Mircea Ciobanu

 
Augure
 
Ça va ici, cela suffit pourtant.
Les neiges ne tombent pas selon elles pèsent.
En froids essieux le ciel reste hésitant
dans les chadoufs un équilibre lent s’apaise.
 
Mieux voir, les loups arrivent au ravin
y boire aux trous en glace, et sinon,  se tailler
dans le tranchant de l’eau leurs clairs canins
et les genoux des loups de se ployer.
 
Silencieux par faim, en pure arche haute,
épaules de se cogner en saut absouts,
mieux voir comment les loups le ravin sautent,
mieux voir comment le loup après le loup.
 
*
 
Un sursis
 
Suis-je, au reste il n’y a que du vent,
ô, lèpre – si elle ne serait pas grise
ni moi je n’en serais perdu autant,
de groupe, de nom et de maîtrise.
 
Dans le royaume des hanches hautes
et molles épaules génuines,
vacillent, au long du quai, des chaudes
et vagues ombres féminines.
 
Par chiens en meute déchirées –
sur ce contour amer de sein
j’ose moi-même d’atermoyer
au blême ombre de la main,
 
et quand j’ajourne me vend l’ombre
en langue des morts. Le quai vieilli
comprend le trouble jeu au sombre
crucifiement en literie.
 *
 
L’étalon
 
Alors on va savoir et pas même alors.
Aux bouts, à la mesure répétée
tant de rayures sont restées dehors –
ou commença l’espace a s’dilater?
 
La mort s’ajourne, terre inconquise.
D’un pas plus court partages-tu sa sort.
De ce qui manque, une brève acquise
s’ajoute déjà au nombre, du dehors.
 
Alors et pas même alors! On vit selon
la sécheresse, et l’ombre qui envoûte
est celle des étalons aux os plus longs
et celle des choses que l’on a mis en doute.
 
*
Traduit du roumain par Tudor Mirică
*
Lisez l’original en roumain :
http://wp.me/p1wz5y-uQ
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