Archives de Catégorie: Şerban Foarţă

Alcoolinaire – Şerban Foarţă

Une dame, en l’année ’909
(ah que ses yeux peuvent être bleus !)
en robe faite d’un tissu précieux
mauve-pourpre, un brodé motif
sur ses épaules se rejoignant
comme les tuniques helléniques ;
une dame aux ondoiements ludiques
tel un cygne, – tu comptes cependant
les instants jusqu’à ce qu’il ne carillonne
pour minuit et pour l’espérance ;
c’est comme le tricolore de France
la joue de la dame mignonne,
car sa splendeur est telle, que
t’as peur de commencer un neuf
amour, en l’année ’909
et embrasser son cou galbé ;
ou (tant que les mâles font les beaux
en l’entourant, et les bas-bleus *
sortent le rouge fard d’une tube étanche
et mettent un autre sur leurs museaux)
coucher ta joue, pendant la danse
sur la chaude sienne, couleurs de France :
yeux bleus
dents blanches
lèvres très rouges *
 
*/ en français dans le texte
 
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-f8

 
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Ballade de la baïonnette de Bayonne – Şerban Foarţă

d’Hollande venait le drap d’hollande,
le cachemire du Cachemire venait ;
qu’elle soit fanée cette guirlande
ce fait n’est fait pour m’étonner ;
j’ai dansé une autre arlésienne,
tomba encore un bataillon ;
brillait en Artois l’artésienne
et une baïonnette, à Bayonne.
 
De Berlin même vient la berline
et l’indigo de l’Inde si vieux ;
Marcel aimait son Albertine
il était vraiment souffreteux ;
nous subissons l’indifférence
s’il pète un quelconque ballon ;
brillent les faïences en Faïence
et les baïonnettes à Bayonne.
 
Les sardines vivent dans la mer Sarde,
des pachas Perses une pêche venait ;
Mansart mourut dans une mansarde,
les officiers qui flemmardaient ;
se prélassait l’été atone
comme l’esquimau sur son bâton ;
brillent les saxons en terre Saxonne
et les baïonnettes à Bayonne.
 
Havane t’offrait de ses havanes
quand la bleutée fumée sortit
sur les divans on se pavane
comme à Bagdad les baghdadis ;
Cologne nous donna la cologne
et Boston une valse boston ;
on conclut la fin de Pologne
ça fait une trotte jusqu’à Bayonne.
 
De César, le Czar et le Kaiser
de vespasienne Vespasien ;
le hasard tape le dix de der
mais tu ne l’as jamais gagnant ;
se reflétaient en verres de dames
nos âmes blasées avec blason,
mais pas dans des brillantes lames
de baïonnettes de Bayonne.
 
Voltaire dans un fauteuil voltaire
dans son sommeil philosopha ;
depuis il s’écoulait une ère,
et s’écroulait quelque sofa ;
pourquoi l’alcôve se décharge
et tombent les bombes sur le balcon ?
stoppez, stoppez, stoppez la charge
à la baïonnette, de Bayonne.
 
Envoi
 
s’écoule encore une bell’époque ;
Adieu, messire le baron !
brille au soleil, si équivoque,
une baïonnette à Bayonne.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-63

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