Archives de Catégorie: Dimitrie Stelaru

trois poésies – Dimitrie Stelaru

 
Paul Verlaine - Portrait de Gustave Courbet
 
Bonne matinée Verlaine
 
Bonne matinée Verlaine
Mon drôle de dieu et de copain –
Bonne matinée. Il en faudra qu’ils errent
Jusqu’à ce que nos vers sèchent, treize millénaires.
 
A l’horloge de la terre je porte louange
Tant il agite les os de ton corps d’ange;
Je l’entends ou pas. Mais tes yeux malins
Brillent par-dessus mon verre de vin.

*

Eumène
 
Aux bords des montagnes, autant
Les oeils des vents tombent en mystère,
Du ciel, le haut continent,
Pénètre, largement flamboyant.
 
Tu es de tous les mondes congénère
Au front fendu par feux cyclopéens ;
Autour des fleuves et des prés lunaires
Les mots élèvent des chérubins.
 
Amour, solitude limpide,
Tout chant est un lieu aride.
*
Altière Ombre
 
Pourquoi je ne plonge pas en sommeil bleu
et ne m’assois en touffes de muflier
dans les fleurs calmes près du blé
dans les veilleuses du crépuscule
au-delà le couteau en or des rochers ?
Pourquoi je ne dors pas, Altière Ombre ?
*
 
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :
 
http://wp.me/p1wz5y-nT
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Croquis – Dimitrie Stelaru

J’avais vu jadis un artiste qui jetait la poésie, les pétales frêles de la parole, avec les mains, avec les pieds, avec les cheveux et je me suis écroulé dans la poussière comme un tapon-hanneton occis par la non-pensée de l’acteur.
Pensée n’en avait-il point.
Quand je me suis réveillé de ma chute en fin de la nuit j’ai pris le livre de poèmes et j’ai lu les strophes déclamées par le nommé renommé acteur – paisiblement les ai-je lu, rassemblées autrement, et j’ai vu les paroles qui élevaient gloire aux fleurs humaines, je leur ai vu l’harmonie jaillir des cimes de la solitude du cœur.
Et si les noces du poète, sans piano tzigane, ne seraient que la fonction suprême vers la propreté, la pureté, parmi tant de fautes ?
Son mot chacun le veut une Ascension :
 
Hé ! Je dois courir,
courir comme un lion
dans les forêts vierges de la poésie.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-iM

 

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