Archives mensuelles : décembre 2016

Dernières nouvelles – Traian T. Coşovei

Encore une tasse de the et je renverserai la bibliothèque
Encore une fumée de clope et je déchirerai
le papier peint aux chats.
Je me souviendrai du jour quand ils ont brulé les corps des baleines échouées,
quand mademoiselle Ivonne alluma le vieux bougeoir du salon.
Couché sur le dos, je songerai que je coupe tes tifs
avec un canif en forme de poisson

Encore une tasse de the et
ils vont frapper par mégarde à ma porte. En protection
je mettrai en miettes l’herbier de la maternelle. En protection
je prendrai le somnifère allemand au nom de liane.
Encore une fumée de clope et
je me souviendrai d’une vieille adresse, je parlerai des
heures durant de la thérapie aux sangsues.

A la fin de ce poème
Je me regarderai longtemps dans le miroir d’ascenseur.
Appuyé sur son métal trouble, les doigts enfoncés dans tous les étages
je souhaiterai oublier instamment
tout ceci.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain=

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/12/06/ultimele-stiri-traian-t-cosovei

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Métamorphose – A.E. Baconsky

Ni vos pensées intimes, ni les fleurs ne l’avouent,
Ni les brumes de l’automne, que j’en perds la raison –
Moi seul je l’assume et me prends pour un fou,
Quand ma vie et ma mort je mets dans une chanson.

Je brûle en mi-journée comme si j’oublie de mettre
Mes pas dans une seule herbe, une route et une porte
Que je traverserai comme la lune par la fenêtre,
Ou le silence des saules qui bordent la Mer Morte.

Ma joie est vive quand passent un an et une saison,
Quand dans des glaces obscures mon visage s’attable,
Et l’envie me revient de troquer mon chainon
Contre cui que l’océan enfouit dans le sable.

Je vis plus qu’une rosée des champs, plus longuement
Que l’oiseau des forêts et je me pense fort :
De voir l’étoile maitresse briller au firmament,
S’éparpiller cette heure de plomb dont elle ressort.

Il est matin maintenant au ciel comme une extase
Sur une face dévastée. L’aurore nous inonde…
Je grave dans mon âme comme dans une perle éclose,
En lettres de silence, l’espoir de tout un monde.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/12/05/transfigurare-a-e-baconsky

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