Archives de Catégorie: Gheorghe Pituţ

Sans aucun motif – Gheorghe Pituţ

 

L’été parfois on se rassemble
les forces
sous le toit de la maison du village.
Cinq frères parsemés
dans des foyers épars
à tour de rôle nous prions :
mère, fais-moi dormir
dans ton ombre,
protège-moi, père
par tes bras.
Il nous semble à tous comme si
nous ne serions pas tout-à-fait nés,
que bonne part de nos parents
nous est encore redevable.
Lors d’un jour de repos du village
resserrés autour de la table
ensemble
dans les yeux du père
vit le regard de ma sœur,
mes yeux et ceux de maman
font des leviers métalliques dans l’air.
Je ne sais pourquoi
Ils arrivent alors, de nulle part
sans mots, sans raison,
des pleurs qui secouent tellement la maison
qu’on entend aux cieux des poutres d’autres planètes craquer.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
*
Lisez l’original en roumain=

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/27/fara-motiv-gheorghe-pitut

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Presque ça – Gheorghe Pituţ

 

Ce galop étrange
de l’orage sur les
collines de Transylvanie,
les parents courent
vers les maisons qui fichent le camp,
la peau des nuages craque
et les lourds torrents arrivent pointus
comme les serpents d’autres temps-
sapins pousses par les galets
truies aux dents retors
nagent avec les porcelets pendus aux tétons
les cerfs touchés
par l’haleine des loups
s’arrachent les cornes aux branchages,
le monde s’emmêle
tel qu’au moment premier ;
j’entends comment pourrit la colline
qu’un instant j’ai pensée.
Et je ne suis rien qu’un cri
brisé d’une bouche d’un autre millénaire,
lorsque sans trace m’inondent
les déluges de la matière.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe
*
Lisez l’original en roumain= http://wp.me/p1wz5y-y9

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Les frères – Gheorghe Pituţ

Mon frère a des troupeaux
mon frère a de l’or,
mon frère a des épouses
et des belles soumises,
mon frère est puissant et roi.
Moi j’ai la patience
j’ai la soif,
j’ai une chanson et une bien-aimée
elle est grande
et très timide
et empoisonnée.
Moi j’aime mon frère
plus
que toutes ses femmes,
mais il me crache dessus et me chasse.
Je sors ma douce du grenier,
je la montre à propos
à travers ses cours,
hélas ! il l’ignore, mais il l’appelle
comme dans un oubli,
comme dans une ivresse.
Fou dans la nuit, avec un ami
fait en acier obéissant,
je cours sur les marches,
je pénètre dans les maisons
mais soudain me languissant
de madame mère
de monsieur père,
je tombe de sommeil, je bouge à peine –
pendant ce temps le garde de la tour amène
pâles dans ses bras
une pensée et un mort.
*
traduit du roumain par Cindrel Lupe.
lisez l’original en roumain :

http://wp.me/p1wz5y-7Y

 

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