Calendrier – Gheorghe Tomozei

Chute depuis mercredi en jeudi,
s’enfume aux alentours du midi,
de jeudi en vendredi une coulée
tel qu’en nos troubles, jeunes années
vendredi pour samedi troqué
comme un éclat bien agathé…
Me voilà je suis le pauvre manche
qui lave les pieds du dimanche
s’attardant honteusement aux chevilles
sur l’os au senteur de myrtilles.
Les doigts allongés de partout
je touche les pommes de ses genoux
et le temps de courir quémander
a sa mère, la semaine, ma fiancée,
avec des parlottes
de neige en bouillottes,
du verbe des mes ancêtres hardis

on est déjà lundi…

*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe
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Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/10/14/calendar-gheorghe-tomozei

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Nous en voilà, encore hiver -Alexandru Andriţoiu

Nous en voilà, encore hiver et grêle,
aussi la neige nous prise en douce brise,
et notre pauvre glaise encore se gèle
lorsque d’autres que nous le feu attisent.

Ça montre que le froid sera vainqueur
finalement c’est lui qui va trancher
jouant avec les balles qui sont nos cœurs
avec l’âge court qui va nous habiter.

Nos hordes sont descendues des pâturages
un nouveau pli au rêve et au visage
mais avec grand espoir d’un nouveau temps
qui près des cimes du souvenir se passe
les pas rompus laissant, dans l’ombre, une trace

pourvu que nous vivrons jusqu’au printemps…

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Traduit du roumain par Cindrel Lupe
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Lisez l’original en roumain =

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/10/13/si-uite-astfel-ni-se-face-iarna-alexandru-andritoiu

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Poésies d’amour – Dorin Croitor

Ne me pardonne pas inoublié,
ne m’oublie pas en m’aimant !
Une seule fleur peut prendre en halage un printemps
mais tous diront que ce n’est pas assez,
que la saison est une fausse Arche,
qu’il n’y a pas de pétale sans cernes.
Fadaises,
je pense qu’on s’est connus si tard
qu’on s’est gagné le droit
de mourir, enlacés
jeunes, en chaque saison.
*
Il pleut comme si la patience tiendrait
des cours pour croque-morts dévoués.
Tu ressens la peur humide des bourgeons,
la réchauffes de ta voix,
mais tu crains de nommer une fleur,
ne pas la vouloir trop tôt
la secouer d’une consonne glacée trop pointue.
Dans ta suite recluse de vécus je nettoie,
moi celui qui suis moitié pluie
moitié soufflet pour attiser le feu,
en te proposant le thé chaud de la patience,
en suivant ta température
qui se prolonge frémissante en équinoxes
comme dans un salon des saisons chétifs.
Dans le solde esseulé du printemps la pluie cure.
*
Le plus possible des printemps, l’amour,
arrive comme une mariée seule nu-pieds,
fredonnant appliquée,
rayonnant résignée
l’entier solennel d’un autel nu.
Pas d’autre robe que la carrosse,
qui la suit portant ses coturnes pesants,
intouchés, inappropriés, inconnus,
exhalant le devoir,
les réponses inattendues.
Elle ne versera pas une larme, selon les attentes
des ogres de la sensibilité,
qui comptent les pleurs au prix du sérum,
Elle dira « Oui ! » si je lui aurai tout verdi autour
les bras tendus vers le désir,
si la masse d’armes du désir fleurira ses clous.
Le plus possible des printemps, l’amour,
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Traduit du roumain – Cindrel Lupe
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https://versionroumaine.wordpress.com/2016/10/07/poezii-de-dragoste-dorin-croitor

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Sur la croix – Vasile Voiculescu

Jésus meurt sur la croix. Sous la féroce fournaise
Son front était pur, même saigné par les épines
Aux roches du Golgotha le ciel de Palestine
Semblait verser des braises.

Même au seuil de la mort les lettrés le médirent
Les gardes le faisaient boire du fiel et de l’aigreur…
La foule hurlait de rire aux spasmes de la douleur
Les truands l’agonirent.

A ses pieds, terrassée, pleurant, gisait Marie
De son cœur éclataient les malédictions d’une mère
A ses cotés Madeleine, voilée, dit ses prières,
L’horreur dans tous ses cris.

De loin, tous ses disciples, sans forces regardaient…
Il leur restait de fuir dans un monde sans raison
Sa mort était la fin d’un espoir et leur mission
Ces gens inconsolés.

Plus tard la foule en grappes partit vers la cité
Par les chemins étroits couverts de grises lauzes
Les pharisiens passèrent avec leurs faces moroses
Et leurs barbes argentées.

Oliviers effeuillés dormaient séchant leurs croupes
Embrumé, en vallée, Jérusalem dormait
Comme le dernier sommeil sur la croix du sacré
Jésus, veillé des troupes.

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Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
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Lisez l’original en roumain=
https://versionroumaine.wordpress.com/2016/10/04/pe-cruce-vasile-voiculescu

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Sans aucun motif – Gheorghe Pituţ

 

L’été parfois on se rassemble
les forces
sous le toit de la maison du village.
Cinq frères parsemés
dans des foyers épars
à tour de rôle nous prions :
mère, fais-moi dormir
dans ton ombre,
protège-moi, père
par tes bras.
Il nous semble à tous comme si
nous ne serions pas tout-à-fait nés,
que bonne part de nos parents
nous est encore redevable.
Lors d’un jour de repos du village
resserrés autour de la table
ensemble
dans les yeux du père
vit le regard de ma sœur,
mes yeux et ceux de maman
font des leviers métalliques dans l’air.
Je ne sais pourquoi
Ils arrivent alors, de nulle part
sans mots, sans raison,
des pleurs qui secouent tellement la maison
qu’on entend aux cieux des poutres d’autres planètes craquer.
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Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
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Lisez l’original en roumain=

https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/27/fara-motiv-gheorghe-pitut

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ROMEO & JULIET – Mircea Florin Şandru

D’une dime sans âge – on paye le passage,
Aux brillantes portes des mariés morts,
Des ces endormis de ces moult chéris,
Flottant sur les eaux de ces sombres sorts.
La barque sur clapotis, Lethe s’assombrit,
L’œil referme la vie dans un songe vacille,
Devant notre face froide, bleue et lasse
Le soleil rouge tombe dans une vrille.
La rive se sépare, s’éteignent les phares,
Ombres apercevant, toutes se se suivant,
Seulement le désir et le souvenir
Troublent cette brume du fleuve innocent.
Bientôt on passera par ce long gué froid,
Dieu sait quand la barque s’y arrêtera
Nous rejoindrons ces cryptes oblongues,
Où toujours ensemble on y sera.
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© Mircea Florin Şandru
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Traduit du roumain par Cindrel Lupe.
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https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/26/romeo-juliet-mircea-florin-sandru

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L’Erreur – Geo Bogza

Ils me donnaient tous la chasse.
En m’attribuant toutes sortes d’illusions,
me chassaient.

Certains me prenaient pour un esturgeon.
Se voyant déjà devant les bols de caviar.

Ils me donnaient tous la chasse.
Persuadés que la chance leur ressort une proie
formidable, me chassaient.

Certains me prenaient pour un cachalot,
Avec des yeux brillants comptaient mes tonnes de graisse

Ils me donnaient tous la chasse.
Poursuivant obstinément leur bonheur glouton,
me chassaient.

Moi je n’étais que le pauvre mât
D’un navire depuis longtemps brisé.
*
Traduit du roumain par Cindrel Lupe.

Lisez l’original en roumain = https://versionroumaine.wordpress.com/2016/09/03/eroarea-geo-bogza

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